Biodiversity Day Around the World

Guinea

Discours prononcé par son Excellence, Monsieur Ibrahima SOUMAH, Ministre des Mines de la Géologie et de l'Environnement, Conakry, Guinée :

Mesdames, Messieurs,

Demain mercredi 22 mai 2002 ce sera la Journée Internationale de la diversité biologique mais aussi la journée de la gestion de la biodiversité des forêts.

Mesdames, Messieurs,

Il vous souviendra que les ressources de la diversité biologique sont primordiales pour le développement économique et social de l'humanité tout entière. Elles fournissent des biens et des services essentiels pour la vie et les aspirations humaines et permettent aussi aux sociétés de s'adapter aux besoins et circonstances variables.

Cependant il nous est aisé de constater que la dégradation des ressources biologiques se poursuit et dans de nombreux cas, elle s'aggrave du fait des perturbations des équilibres naturels causées par l'homme dans le but de se procurer toutes les ressources qui lui sont nécessaires.

Le constat aujourd'hui est que l'augmentation des besoins, l'accroissement de la population, l'apparition de nouvelles techniques et de nouvelles opportunités non respectueuses des seuils de tolérance de l'environnement pour le maintien de l'équilibre écologique, ont imprimé une pression sur les ressources biologiques. La charge sur les ressources a augmenté démesurément et a dépassé par endroit le seuil d'équilibre pour créer des situations de pénurie d'ordre divers.

Force est de constater que:

  • la non-durabilité des systèmes agricoles marquée par des opérations culturales dégradantes comme le système sur brûlis, le déboisement abusif, le nomadisme agricole, l'utilisation d'engins souvent mal adaptés aux conditions du milieu, baissent la fertilité des sols, provoque l'érosion, altèrent la capacité de rétention de l'eau et dégradent les facteurs édaphoclimatiques indispensables à la réussite des cultures. le déboisement de superficies importantes de terres marginales à fortes pentes appauvrit considérablement les écosystèmes de montagne et les paysages autrefois d'une beauté exceptionnelle et très riches en biodiversité.
  • la divagation des animaux, la non délimitation et le non-aménagement des pâturages pour permette la répartition convenable du bétail et le respect de la capacité de charge pour maîtriser la durée d'utilisation et de repos pour la régénération favorisent une perte immense en ressources biologiques.
  • les ressources forestières sont considérées comme une source inépuisable. En conséquence, d'année en année ces ressources s'amenuisent et s'éloignent des grandes agglomérations. L'ampleur du phénomène est d'autant plus importante que l'exploitation revêt multiples formes. En effet la forêt fournit combustibles, matériaux de construction, aliments, fourrages, médicaments, fibres et bois pour des services très divers qui ne donne plus aux forêts le temps de se régénérer. Les différentes formes de prélèvement ont fragmenté l'habitat naturel, certaines espèces végétales et animales sont surexploitées et il en a résulté la dégradation des sols, la perte de la diversité biologique et les changements climatiques;
  • la situation de l'approvisionnement en bois et en charbon de bois devient critique et aboutit à la destruction de la végétation ligneuse et attaque même les fruitiers dans une zone de plus en plus vaste autour des villes.
  • les hauts bassins versants des principaux fleuves sont de plus en plus dégradés, ce qui a des conséquences graves sur les régimes hydrauliques locaux et régionaux.
  • des prélèvements constants et importants sont faits sur la faune sauvage par la chasse, la capture et la pêche. La chasse n'épargne ni les femelles en gestation, ni les petits qui devraient assurer la pérennité des espèces;
  • le feu très souvent utilisé pour traquer les animaux, brûle de nombreux animaux et détruit les habitats naturels et les paysages.
  • le commerce d4oiseaux et autres animaux sauvages ont pris actuellement l'allure d'une entreprise très lucrative et exercent une forte pression sur de nombreuses espèces de la faune sauvage.
  • la destruction des habitats par les feux de brousse répétés et la chasse incontrôlée dans certains endroits névralgiques ont provoqué la migration de la grande et de la moyenne faune vers les zones plus reculées, moins accessibles qui constituent aujourd'hui les derniers grands refuges des animaux sauvages. Cependant là aussi les animaux sont traqués par des chasseurs qui viennent en force camper pour braconner et boucaner.
  • la faune aquatique subit aussi les mêmes effets pervers que les animaux terrestres. L'assèchement des eaux des marigots, l'utilisation des plantes ichtyotoxiques et d'engins prohibés contribuent à la disparition rapide de nombreuses espèces de la faune aquatique.

Mesdames, Messieurs,

La dégradation de la nature accroît la pauvreté, laquelle empire la dégradation, c'est pourquoi il est important, lors de toutes nos interventions sur les ressources de la diversité biologique, de ne pas perdre de vue que les bénéfices durables qui peuvent être obtenus de la nature sont fonction du maintien de l'équilibre entre les besoins économiques et la préservation de la stabilité écologique des écosystèmes et que c'est en vivant en harmonie avec la nature que nous aurons la possibilité d'exploiter les ressources biologiques de façon durable.

Force est de constater qu'à ce jour les menaces qui pèsent sur les espèces et les écosystèmes n'ont jamais été aussi graves et la disparition d'espèces en raison des activités humaines se poursuit à un rythme inquiétant. Or, une espèce animale ou végétale qui disparaît est perdue pour toujours de même que son potentiel économique et ses fonctions écologiques.

Assurément à ce jour l'humanité a déjà perdu un nombre impressionnant d'espèces animales et végétales dont le précieux potentiel génétique a déjà définitivement disparu, avant même d'avoir pu être identifié, étudié et stocké.

Cette journée Internationale de la diversité biologique nous interpelle à prendre conscience que nos activités dégradent l'environnement et constituent une menace pour la vie dès que le déséquilibre qu'elles engendrent dépasse la capacité de régénération, d'auto-épuration ou d'autorégulation de la nature.

C'est pourquoi je vous exhorte à ne jamais oublier que la survie de la diversité biologique et la survie de l'humanité sont intimement liées, car les biens et les bénéfices durables qui peuvent être obtenus de la nature sont fonction du maintien de l'équilibre entre les besoins économiques et la préservation de la stabilité écologique des écosystèmes.

Mesdames, Messieurs, je vous convie à ne jamais oublier

  • que les ressources nécessaires à notre survie constituent un ensemble fini, donc limité et qu'elles doivent être utilisées avec prudence car leur renouvellement doit être assuré sous peine d'aller à des dommages irréversibles
  • que nos activités dégradent l'environnement et constituent une menace pour la vie dès que le déséquilibre qu'elles engendrent dépasse la capacité de régénération, d'autorégulation ou d'auto-épuration de la nature.

En conséquence nous ne devons pas perdre de vue, dans la course pour la recherche de la satisfaction de nos besoins quotidiens, qu'un prélèvement ne doit jamais compromettre la capacité de régénération des ressources biologiques. Bonne journée internationale.

  • United Nations
  • United Nations Environment Programme